Depuis 2005, nous organisons chaque année, plusieurs expéditions de 4 à 7 jours sur l’île d’Ouessant.
Notre base de départ : « Iroise plongée », la structure pro de Gilbert Offret, implantée à Lanildut.

Imaginez le chargement :
10 Bi, 20 décos et des blocs de sécu, gavés de bons mi-mix… ;))
3 B50 d’Hélium et 2 B50 d’Oxy que nous viderons complètement grâce au stick Trimix.
Des sacs de plongées en quantité avec tout le matériel de gonflage (Nous emmenons de quoi assurer le gonflage simultané des 10 Bi).
Le tout, bâché et sanglé.
D’ou notre surnom local de « Boat-people ».

La traversée :
Jusqu’à présent, elle s‘est toujours effectuée sous le soleil… tout comme nos différents séjours.
Ouessant bénéficie-t-elle d’un microclimat ?
Deux anecdotes en cours de traversée :
1. « Y’a quelque chose qui flotte là-bas derrière »
« P….. mais c’est mon sac » dixit Barbara.
2. Après une traversée sans histoire, à louvoyer sur une mer plate, parmi les hauts-fonds… quelques minutes avant l’arrivée… un mur d’eau, tsunami de 2 mètres, probablement causé par un navire au large, nous a littéralement submergé… dans un silence total de quelques grosses secondes, quelques regards échangés, chacun s’est agrippé à ce qu’il pouvait… l’instinct... MDR.

Le transfert :
Le débarquement se fait à différents endroits en fonction des conditions météo.
La fiat Panda.
Ce véhicule insulaire nous permet de transférer tout le matériel jusqu’à notre base ouessantine.
En position break, les B50 s’empilent… si, si, ça rentre… bon, ça déborde… et il en faut des voyages… le reste de l’équipe marche.

L’hébergement :
Notre maison de poupée… maison de pays au milieu de la lande, avec les moutons pour seuls voisins et un paysage dominant sur 360°.
Gilbert nous accueille chez lui… enfin, chez sa môman Lise, dont je tairai l’âge… parce que Gilbert, il n’est pas tout jeune non plus… et qu’elle nous fait super-bien à manger… et qu’elle va encore dire que je suis un F…… de M…. ;))
5 chambres nous sont préparées et 2 salles de bains.
On peut y lire : quand vous voulez faire quelque chose, vous avez contre vous :
• Tous ceux qui voulaient faire le contraire
• Tous ceux qui ne voulaient rien faire
• Et tous ceux qui voulaient faire la même chose…
A méditer…

Le gonflage :
Avec un gros compresseur thermique, au milieu de rien, à côté d’une vieille bâtisse, où nous ne rangeons plus rien… c’est vrai qu’au début, on rangeait… habitude de nos clubs des villes… et Gilbert, mort de rire : mais qui veux-tu qui te prenne quelque chose…du coup, on a dressé 2 ou 3 moutons à l’attaque…enfin, on a essayé.

Les plongées :
Tous les matins, on part à pied en tenue de combat, étanche de rigueur.
La Fiat Panda, c’est pour le matériel et le gros feignant de passager mandaté pour tout décharger sur place.
Deux allers-retours quand même.
Nous traversons le village sous le regard étonné des mouettes locales, torse nu sous le cagnard et la combi tombant sur les genoux.

L’Epave :
On ne la nommera pas sur ce site, même si elle est identifiée...déclarée… mais non répertoriée sur Internet.
Elle est de celles qui font rêver.
Sachez seulement qu’elle a coulé il y a cent quarante et quelques années… en revenant d’Afrique du sud avec tout son chargement.
Stocks de défenses d’éléphant… de quoi jouer à Dark Wador.
Vaisselles et bouteilles à profusion…chaque pièce, intacte, gravée du nom du fabriquant et encrée du tampon de la compagnie maritime. (Et quand on dit à profusion…on comprend pourquoi : seuls quelques chanceux ont pu réaliser cette visite de musée)
Plus, …tout ce que contient un navire de cette époque… y’a qu’à énumérer tout ce qui vous passe par la tête.
Un inventaire à la Prévert.
Environ 100 mètres de long, reposant sur un fond de 68 à 72 mètres, idéal pour nos plongeurs Trimix normoxique… en général 15 mètres de visibilité sans phare…reposant à 300 mètres du bord et à 5 minutes en bateau, dans une zone sans courant quelque soit l’heure ou le coefficient de marée.
Un anachronisme.
Quand Gilbert balance la gueuse, j’ai beau écarquiller les yeux sur le sondeur, c’est plat… j’ai toujours dans la tête l’appréhension de faire du sable…et pourtant ils ont un très bô sable !
Et à chaque fois, bingo, toujours au même endroit… ça évite de casser tout, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine... ;))
Le problème : à partir du moment où vous l’avez visitée, tout le monde veux replonger dessus… alors tant pis, on les oblige à faire le Drummond Castle pendant le séjour.
Cette année, 4 recycleux à bord.

Dernière anecdote :
Vous connaissez tous le film « Les bronzés font du ski ».
Quand ils sont perdus dans la montagne et qu’ils finissent par être recueillis par un « local » pour une dégustation de produits liquides du terroir… avec le crapaud dans la bouteille.
Y z’ont le même à Ouessant… mais un vrai, pas un acteur.
Un super pote… ;))
TOUT se boit, la sapinette entre autre…après, faut comprendre le Ouessantin 3ème langue… même quand il est à jeun.
Boire ou plonger, il faut choisir… lui, y plonge pô ! Par contre, pour la déco de surface, il a un sacré matos…doit faire ses tables lui même.