Mexique, me voilà…
Zihuatanejo est une vieille ville dotée d’un ancien
port de pêche et située à côté
d’une cité balnéaire, Ixtapa, le tout sur la
côte mexicaine, côté Pacifique.
Sitôt arrivé, sitôt à la recherche
d’un club de plongée.
Vérification des cartes (je leur ai balancé la totale)
et du carnet de plongées (j’emmène toujours les
2 dernières pages de mes carnets fait maison…
ça tombait bien, y’avait dessus la sortie Ouessant de
septembre et celles du Bananier de La Ciotat début
Octobre… que du Trimix)
Je réserve donc pour la journée du lendemain avec
2 plongées.
Le tout pour 900 Pesos, soit 60 Euros environ.
Le lendemain matin, à l’heure convenue, je me pointe
à la marina d’Ixtapa.
Superbe marina, rempli de bateaux qui ne dépareilleraient
pas le port de Monaco… que des monstres.
Devant, le club : personne…j’attends…j’attends.
Un peu plus loin, j’avise un groupe de plongeurs
qui s’affairent autour de recycleurs.
Je ne baragouine pas un seul mot d’espagnol et je passe
à l’anglais.
Accueil plutôt froid… mais dès que je dis que je
suis français et que je connais Paris…tout s’arrange :
je ne suis pas un gringo d’américano.
Je regarde leur matériel, ça ressemble à des IDA
quelque chose.
Je rappelle que je n’y connais pas grand-chose en recycleur mais
Jeff64 et sa bande avait l’air d’avoir un modèle
qui ressemblait à ça.
Leur matériel dénote avec leur bateau : un superbe
« cigare » de 37 pieds avec 2 X 300 CV, qui semble tout neuf.
On discute plongée Tek… visiblement des passionnés.
Et dans la conversation, je finis par comprendre que le Mexique a
changé d’heure cette nuit et c’est pour ça que
je suis en avance d’une heure sur le rendez-vous pour mes
plongées…
Bref, on discute un bon moment
Enfin du monde au club…
On m’équipe : shorty (l’eau doit être vers
les 26/27 degrés).
Une S80… que du matos neuf ou quasi neuf…
Je charge mon matériel à bord avec les autres
clients… des gringos américains.
C’est à ce moment que Raoul, le chef de la bande
des recycleurs entre en grande discussion avec le patron du club.
Du coup le patron me redemande mes cartes et mon carnet de
plongées : les cartes Trimix TDI et IANTD les intéressent
beaucoup ainsi que la carte Solodiver… par contre celle de MF2
ça les inspire pas.
Coup d’œil sur ma dernière plongée : le
Bananier 97 mètres et ça rediscute en espagnol.
Purée, tout d’un coup, je vois mon bateau qui largue les
amarres, je plaque tout et je coure jusqu’au quai, prêt
à sauter à bord… c’est pas un malheureux
mètre qui va m’empêcher de plonger.
Euh, on en est déjà à 6-7 mètres…
Je hurle que je suis avec eux : et cette bande de crétins
de gringos qui me font tous « coucou » avec la main…
mais ils se cassent les enfouarés !!!
Je retourne vite fait du côté du patron et de Raoul qui
sont morts de rire…
Toi, tu pars plus avec eux, tu vas voir les Goofy avec Raoul…
bon, ça se prononce un peu comme ça et je sais pas
comment ça s’écrit.
En plus, pas moyen de savoir ce qu’est un Goofy…
Un Goofy, j’en connais bien un : un homme de loi plus ou moins
mafieux, marié à une gourgandine sélectionnée
aux derniers jeux olympiques du lancé du verre d’eau.
Mais mon matos est sur l’autre bateau…qui vient de partir.
De nouveau, les mexicanos sont MDR.
Et le patron du club me ramène un BI (2 S80), une combi
étanche (je vais crever de chaud ou alors on va profond et la
thermocline va être spectaculaire !!!) et une paire de palmes qui
doit dater de la dernière révolution mexicaine.
On charge et c’est parti avec mes nouveaux copains.
Mer plate. Vitesse moyenne de leur engin : 45 Nœuds
En entend le vent mais pas les moteurs.
Après une heure 10 de nav à fond les manettes, on
arrive vers un ensemble de gros rochers granitiques peuplés
par une colonie de pélicans.
On mouille.
Je regarde autour du bateau et je trouve qu’il y a pas mal de
courant.
Nan, c’est les Goofy.
Effectivement, autour du bateau, ça grouille de… je
sais toujours pas quoi.
Je vois des ombres et l’eau « bouillonne ».
On s’équipe.
Et j’entends : Hey, you, solodiver, you go first.
Et ils balancent 2 seaux de poissons morts type “sardine de
Marseille”
Ca grouille là-dessous.
Ila appâtent… et c’est moi qui doit y aller first.
Va pas s’dégonfler… bon et vive le France.
Et là je comprends la combinaison étanche.
C’est plus 27-28, c’est 13-14 degré.
Et les Goofy me foncent dessus… des phoques ou des otaries,
je sais pas trop. Ils décrochent au dernier moment. Une bonne
trentaine de Goofy.
Et là je comprends les palmes. Ils se jettent dessus, les mordent
et m’en arrachent une. Je sauve l’autre inextrémis et
je la garde tout contre moi. Les recycleux avaient assurés leurs
palmes avec des caoueches.
Je les poursuis, enfin, j’essaie de récupérer ma
palme…pendant 20 minutes, elle passe de l’un à
l’autre.
Et là, je me dis que vous allez jamais me croire… mais
si, les recycleux sont là et ils me mitraillent en photo.
(J’ai envoyé les photos à Rafa qui va vous les mettre
en ligne)
Alors je fais le mort. Je me pose sur le fond (1o mètres environ)
et je limite au max ma respiration.
Ca me tâte un peu du museau. J’espère qu’ils
ne vont pas avoir l’idée de me mordre pour voir si je
vis encore.
Et là, je vois ma palme à 2 mètres de moi…
Je fais un bon et c’est gagné.
Après les Goofy, je suis les recycleux dans un dédale
de roches et on finit par arriver dans un canyon.
Bingo : 2 requins baleines. Un gros d’une dizaine de mètres,
que j’estime être la femelle et un petit de 4 mètres
qui doit être le rejeton.
Les recycleux, sans bulles, photographient à tour de bras.
(Rafa, mets les photos en ligne !!!)
Et là, je repense au Belize. Pour attirer les requins baleine,
l’accompagnateur nous regroupait à touche touche et on
devait faire le plus de bulles possibles parce que ça imitait
le bruit du grill et c’est la bouffe !!!
Alors je sors mon octopus et je fais fuser… et là je
bluffe les recycleux.
A chaque fois que je fais fuser, le gros me fonce dessus et me bouscule.
Y’a des photos, hein Rafa.
Le petit est plus farouche et ne m’approche pas à moins de
3 mètres.
Recycleux : 0, circuit ouvert : 1
20 minutes à jouer aux auto-tamponneuses, et c’est
là fin de la plongée pour moi.
Je fais signe que solodiver retourne au bateau.
Quand je fais surface un autre bateau s’est mis à couple.
Je remonte à l’échelle, et là, vous ne
devinerez jamais qui était sur l’autre bateau : Alain Delon.
C’est à ce moment là que m’a femme m’a
secoué pour me réveiller sous mon cocotier
préféré, devant ma plage de sable blanc.
Comment ça se dit « blagounette » en Mexicain ?